Dans un marché public, une caution bancaire ou une garantie financière peut être demandée pour sécuriser l’exécution du contrat, protéger l’acheteur public ou encadrer le versement d’une avance. Ces mécanismes ne doivent pas être confondus : la retenue de garantie, la garantie à première demande, la caution personnelle et solidaire et l’avance répondent à des objectifs différents. Cet article explique dans quels cas une caution bancaire peut intervenir, comment elle se distingue des autres garanties et quels points vérifier avant de répondre à un marché public.
À retenir
Une caution bancaire dans un marché public sert généralement à remplacer ou garantir certains engagements financiers du titulaire.
La retenue de garantie vise à couvrir les réserves formulées à la réception des prestations. Son montant ne peut pas dépasser 5 % du montant initial du marché, augmenté le cas échéant des modifications en cours d’exécution.
Le titulaire peut substituer à la retenue de garantie une garantie à première demande ou, si l’acheteur ne s’y oppose pas, une caution personnelle et solidaire.
L’avance aide l’entreprise à financer le démarrage du marché, mais elle obéit à des règles distinctes des garanties d’exécution.
Avant de répondre à un marché, l’entreprise doit vérifier dans le CCAP ou les pièces contractuelles si une garantie est exigée, sous quelle forme et à quel moment elle doit être produite.
À quoi sert une caution bancaire dans un marché public ?

Dans le langage courant, l’expression « caution bancaire » est souvent utilisée pour désigner plusieurs mécanismes de garantie. En commande publique, il faut distinguer précisément la caution personnelle et solidaire, la garantie à première demande et la retenue de garantie.
Ces mécanismes servent à sécuriser l’acheteur public lorsque le marché prévoit une garantie financière. Ils peuvent intervenir notamment pour remplacer une retenue de garantie ou pour encadrer le versement d’une avance.
La retenue de garantie
La retenue de garantie consiste à retenir une partie des sommes dues au titulaire du marché.
Elle a un objet limité : couvrir les réserves formulées à la réception des prestations, ainsi que certaines réserves formulées pendant le délai de garantie lorsque les malfaçons n’étaient pas apparentes au moment de la réception.
Son montant ne peut pas dépasser 5 % du montant initial du marché, augmenté, le cas échéant, du montant des modifications en cours d’exécution. Pour certains marchés conclus par l’État avec une petite ou moyenne entreprise, ce taux peut être limité à 3 %.
La garantie à première demande
La garantie à première demande est un engagement pris par un établissement financier de verser une somme à l’acheteur public si les conditions prévues sont réunies.
Elle peut remplacer la retenue de garantie. Dans ce cas, son objet est identique à celui de la retenue qu’elle remplace. Le titulaire du marché peut substituer à la retenue de garantie une garantie à première demande pendant toute la durée du marché.
La caution personnelle et solidaire
La caution personnelle et solidaire est une autre forme de garantie. Elle peut également remplacer la retenue de garantie, mais seulement si l’acheteur ne s’y oppose pas.
Cette différence est importante : la garantie à première demande peut être substituée par le titulaire, tandis que la caution personnelle et solidaire suppose l’absence d’opposition de l’acheteur.
Ne pas confondre caution et avance
L’avance est une somme versée au titulaire avant l’exécution complète des prestations, afin de faciliter le démarrage du marché.
Elle ne poursuit donc pas le même objectif que la retenue de garantie, la garantie à première demande ou la caution personnelle et solidaire. Toutefois, certains marchés peuvent prévoir une garantie liée au remboursement de l’avance. Il faut donc lire précisément le CCAP ou les documents contractuels avant de répondre.
À vérifier dans les documents du marché
Avant de déposer une offre, l’entreprise doit vérifier :
- si une retenue de garantie est prévue ;
- si elle peut être remplacée par une garantie à première demande ;
- si l’acheteur accepte la caution personnelle et solidaire ;
- si une avance est prévue ;
- si l’avance est conditionnée à une garantie ;
- à quel moment la garantie doit être fournie ;
- quel modèle ou formulaire l’acheteur demande.
Quelles garanties financières peuvent être prévues dans un marché public ?
Le Code de la commande publique prévoit que les marchés peuvent comporter, à la charge du titulaire, une retenue de garantie, une garantie à première demande ou une caution personnelle et solidaire. Ces garanties ont pour fonction de sécuriser l’exécution du marché, mais elles ne produisent pas les mêmes effets.
La retenue de garantie : une somme conservée par l’acheteur
La retenue de garantie est prélevée sur les sommes dues au titulaire. Elle permet de couvrir certaines réserves formulées à la réception des prestations ou pendant le délai de garantie.
Son montant est encadré : il ne peut pas dépasser 5 % du montant initial du marché, augmenté le cas échéant du montant des modifications en cours d’exécution.
Pour l’entreprise, la retenue de garantie a un effet direct sur la trésorerie, car une partie du paiement reste bloquée jusqu’à sa restitution.
La garantie à première demande : une garantie apportée par un établissement financier
La garantie à première demande est fournie par un établissement financier. Elle permet au titulaire de remplacer la retenue de garantie par un engagement externe.
Le titulaire peut substituer à la retenue de garantie une garantie à première demande pendant toute la durée du marché. Son objet est identique à celui de la retenue qu’elle remplace.
Cette solution peut améliorer la trésorerie de l’entreprise, puisque l’acheteur ne retient pas directement une partie des sommes dues. En contrepartie, l’entreprise doit obtenir cette garantie auprès de sa banque ou de son établissement financier.
La caution personnelle et solidaire : possible si l’acheteur ne s’y oppose pas
La caution personnelle et solidaire peut également remplacer la retenue de garantie, mais son régime est différent.
Le titulaire peut y recourir si l’acheteur ne s’y oppose pas. Ce point doit donc être vérifié dans les documents du marché ou auprès de l’acheteur avant de considérer cette solution comme acquise.
Les modèles de garantie à respecter
Les modèles de garantie à première demande et de caution personnelle et solidaire applicables aux marchés publics sont fixés par arrêté. L’entreprise ne doit donc pas utiliser un modèle bancaire générique sans vérifier sa conformité avec les exigences du marché.
Avant de solliciter sa banque, elle doit transmettre les pièces du marché et vérifier :
- la nature exacte de la garantie attendue ;
- le montant concerné ;
- la durée de l’engagement ;
- les conditions de libération de la garantie ;
- le modèle demandé par l’acheteur.
Quand la garantie est-elle libérée ?
Les établissements ayant accordé une caution ou une garantie à première demande sont libérés au plus tard un mois après l’expiration du délai de garantie.
Toutefois, si des réserves ont été notifiées pendant ce délai et qu’elles ne sont pas levées, la libération intervient au plus tard un mois après la levée des réserves.
Comparaison simple
|
Mécanisme |
Qui supporte l’engagement ? |
Effet principal |
|---|---|---|
|
Retenue de garantie |
L’acheteur retient une partie du paiement |
Impact direct sur la trésorerie |
|
Garantie à première demande |
Banque ou établissement financier |
Remplace la retenue de garantie |
|
Caution personnelle et solidaire |
Caution accordée par un établissement |
Possible si l’acheteur ne s’y oppose pas |
Comment anticiper une caution bancaire avant de répondre à un marché public ?

La question de la caution bancaire ne doit pas être traitée après l’attribution du marché. Elle doit être vérifiée dès la lecture du dossier de consultation, car elle peut avoir un impact sur la trésorerie, les délais et le coût réel de l’opération pour l’entreprise.
Lire le CCAP avant de chiffrer l’offre
Le cahier des clauses administratives particulières précise généralement :
- l’existence ou non d’une retenue de garantie ;
- le taux appliqué ;
- la possibilité de la remplacer par une garantie à première demande ;
- l’acceptation ou non d’une caution personnelle et solidaire ;
- les conditions de versement d’une avance ;
- les garanties éventuellement exigées pour cette avance ;
- les délais et conditions de libération des garanties.
Ces éléments doivent être intégrés dans l’analyse économique de l’offre.
Interroger sa banque en amont
Avant de déposer une offre, l’entreprise peut consulter sa banque ou son établissement financier pour vérifier :
- si une garantie peut être accordée ;
- dans quel délai ;
- pour quel montant ;
- à quel coût ;
- avec quelles contreparties ;
- sur quel modèle de document.
Cette anticipation évite de découvrir trop tard qu’une garantie demandée par l’acheteur ne peut pas être obtenue dans les délais.
Vérifier l’impact sur la trésorerie
Une retenue de garantie diminue temporairement les sommes encaissées par l’entreprise. Une garantie bancaire peut préserver la trésorerie, mais elle peut générer des frais bancaires ou mobiliser une capacité d’engagement.
L’entreprise doit donc comparer :
- le coût d’une retenue de garantie ;
- le coût d’une garantie à première demande ;
- le coût d’une caution personnelle et solidaire ;
- l’effet sur sa trésorerie ;
- l’intérêt réel de percevoir une avance ;
- les garanties exigées en contrepartie.
Ne pas confondre garantie et assurance
Une caution bancaire ou une garantie financière ne remplace pas les assurances professionnelles exigées pour l’exécution du marché.
Il faut distinguer :
- la garantie financière demandée par l’acheteur ;
- l’assurance responsabilité civile professionnelle ;
- l’assurance décennale pour les marchés concernés ;
- les attestations d’assurance demandées dans le dossier de consultation.
Ces documents n’ont pas le même objet et ne sont pas interchangeables.
Préparer un dossier bancaire clair
Pour obtenir rapidement une garantie, l’entreprise doit pouvoir transmettre à sa banque :
- l’avis ou le règlement de consultation ;
- le CCAP ;
- l’acte d’engagement ;
- le montant du marché ;
- le montant de la garantie demandée ;
- le délai d’exécution ;
- le modèle de garantie exigé ;
- les informations financières de l’entreprise.
Plus le dossier est clair, plus le traitement bancaire peut être rapide.
Points de vigilance pour les PME
Pour une petite ou moyenne entreprise, la garantie financière peut peser sur la trésorerie ou sur la capacité bancaire disponible.
Avant de répondre, il faut donc vérifier :
- si la retenue de garantie est réellement prévue ;
- si son taux est conforme aux règles applicables ;
- si une substitution par garantie à première demande est possible ;
- si l’acheteur accepte la caution personnelle et solidaire ;
- si l’avance est utile ou trop contraignante ;
- si les coûts bancaires doivent être intégrés dans le prix proposé.
Exemple pratique
Une PME répond à un marché public de travaux de 120 000 € HT.
Le CCAP prévoit une retenue de garantie de 5 %. L’entreprise sait donc qu’une partie des sommes dues pourra être retenue pendant la durée prévue par le marché.
Elle peut alors demander à sa banque une garantie à première demande pour remplacer cette retenue. Cette solution peut améliorer sa trésorerie, mais elle doit vérifier le coût bancaire, le délai d’obtention et le modèle exigé par l’acheteur.
La décision ne doit donc pas être prise uniquement sur le montant du marché, mais sur l’équilibre entre trésorerie, frais bancaires et contraintes administratives.
Conclusion
La caution bancaire dans un marché public doit être analysée avant le dépôt de l’offre, et non après l’attribution. Elle peut concerner la retenue de garantie, une garantie à première demande, une caution personnelle et solidaire ou une garantie liée au versement d’une avance.
Pour éviter une difficulté en cours d’exécution, l’entreprise doit vérifier dès la lecture du dossier de consultation :
- si une retenue de garantie est prévue ;
- si une garantie à première demande peut la remplacer ;
- si une caution personnelle et solidaire est acceptée ;
- si une avance est proposée ;
- si cette avance suppose une garantie spécifique ;
- quel modèle de garantie l’acheteur exige ;
- quels délais bancaires doivent être anticipés.
Cette vérification permet d’intégrer le coût financier réel du marché, de protéger la trésorerie de l’entreprise et d’éviter un blocage administratif après l’attribution.
Pour les PME, ce point est particulièrement important : une garantie mal anticipée peut réduire l’intérêt économique du marché ou retarder le démarrage des prestations.
Bulletin des Marchés Publics Actualité